Shitakusa/Kusamono

Shitakusa

mousseOn parle souvent de Shitakusa mais aussi de Kusamono.

Ce sont deux termes japonais que l’on peut traduire par « herbe en dessous » et « herbe-objet » (kusa = herbe, shita = en dessous et mono = objet).

Ces plantes d’accent s’utilisent généralement en accompagnement de bonsaï et sont démonstratives de la saison en cours.  Dans notre cas présent, nous parlerons des Shitakusa, ce qui correspond à la plante qui accompagnera le bonsaï (sujet principal). Les Kusamonos étant eux des plantes d’accent utilisées seules, comme objet principal.

Introduction : 

Dans une présentation, le bonsaï est l’homme (le mari) et le Shitakusa la femme, l’épouse, comme un couple, ils doivent être en harmonie. Le Shitakusa est secondaire par rapport au bonsaï, mais il est d’une importance capitale à la présentation, il est indispensable et contribue grandement au succès de celle-ci, de ce fait, le succès d’une exposition découle également de sa beauté.

Il est important de pouvoir disposer de plusieurs Shitakusa de différentes variétés et de formes pour avoir le choix et laisser le temps au wabi sabi de s’installer. Leur culture demande énormément de soins et plusieurs années avant d’être présentables. Au Japon, il y avait des entreprises qui ne cultivaient que des shitakusa pour les louer lors des grandes expositions.

Un Shitakusa doit être :

Sobre et discret. Une mousse, une fougère, un ophyopogon, un carex, prèle, un bambou nain, … Symboliser une saison de part sa floraison, sa fructification ou son feuillage. Représenter l’environnement naturel du bonsaï qu’il accompagne. Pas ou peu de plante grasse (sedums, joubarbes). Pas de plante à fleurs trop imposantes, même chose pour les baies ou les fruits. L’herbe doit avoir un feuillage fin et discret, pas de feuillage panaché jaune ou rouge. Les maîtres mots sont Sobriété et Discrétion. (Comme l’épouse japonaise).

D’une seule herbe, parce que si on place plusieurs variétés d’herbes, la plus vigoureuse d’entre elles prendra tôt ou tard, le pas sur les autres et les étouffera. On dit souvent que tout est vert et que ça ne marque pas la saison, mais au fil du temps il se crée d’infimes modifications qui donnent des indications quant à la saison, ce sont ces modifications qu’il faut favoriser et rechercher par le Mochicomi, elles apporteront le wabi sabi. Les Saya tsu (herbes sauvages de montagne) sont idéales.

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Culture :

La première année, au printemps, on coupe la moitié des racines et on place l’herbe dans un Asabachi (pot de 5 cm de haut). L’année suivante, on coupe à nouveau les racines et on place l’herbe dans un Sarabachi (pot de 3 cm de haut). On la cultive dans ce pot plusieurs années.

Au bout de quelques années de culture, on obtient une herbe très dense « Aibano nazumi ». Il faut les protéger, attention aux oiseaux ainsi qu’aux limaces et escargots. Il faut enlever les feuillages morts et vérifier la présence d’insectes tout au long de l’année. Ne jamais donner d’engrais et jamais trop d’eau, les racines ne favorisent pas le drainage. Pas trop de soleil non plus et bien aéré.

On rempote chaque année dans de l’akadama grains moyens. Un pot rond facilitera l’orientation pour les présentations. Dans un pot le plus plat sera le mieux. Dans un pot profond (Fukabachi) l’herbe se développe trop fort et monte trop haut, le wabi sabi ne peut pas s’installer.

Quand une feuille, une herbe devient trop grande, on la coupe à la base (3 mm ) de plus petites vont repousser. On retaille régulièrement du printemps à juillet.  En présentation avec un arbre en forme de cascade, l’herbe sera plus haute. L’herbe peut dépasser la tablette du bonsaï, sa direction est vers l’arbre.  Un minimum de dix ans de mochikomi sera nécessaire pour la Shitakusa…

Présentation : 

Les Shitakusa doivent être présentés sur un support. Celui-ci peut être une tablette, une natte, ou du bois joliment veinuré. Le feuillage doit éviter de dépasser le bord du support sur lequel est posé le bonsaï ou le Suiseki. Une tige ou une inflorescence peut éventuellement dépasser le bord. Comme on l’a vu plus haut, il est important que le Shitakusa soit discret, ceci passe aussi par le pot qui doit être bas.

Lors d’une présentation avec un bonsaï, accompagné par un Suiseki et un Shitakusa, ces 2 derniers doivent être placés de façon à ce que leur direction puisse converger.  Lorsque l’on expose un grand bonsaï, on peut utiliser un shohin ou un mame en tant que plante d’accompagnement.

Lexique : 

Fukabachi : Premier pot de culture, l’équivalent de nos pots de fleurs.

Asabachi : Pot de culture de 5 cm de profondeur.

Sarabachi : Pot de culture de 3 cm de profondeur.

Aibano nazumi : Herbes très denses (cultivée depuis plusieurs années).

Saya tsu : Herbes sauvages de montagne.

Kusamono bonsaï : C’est une ou plusieurs plantes présentées dans un petit pot sans accompagner un arbre, on peut la présenter dans le jardin, mais aussi dans la maison, le salon, la salle de bain, … elle est présentée seule. Contrairement aux Shitakusa, les plantes à fleurs à baies ou à fruits peuvent être incluses à cette forme de présentation.

Kusamono : C’est la même chose que le Kusamono bonsaï, mais en beaucoup plus grand, les herbes et autres plantes y sont et en grande quantité.

Mochicomi : Somme des travaux quotidiens que l’on effectue sur nos arbres et nos plantes.

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